Trame pour animer un atelier de philosophie en famille sur le thème “ressemblances/différences”

Trame pour animer un atelier de philosophie en famille sur le thème “ressemblances/différences”

 

 par Anne-Laure ROBINE 

Diplômée en Philosophie & en Philosophie avec les enfants

Intervenante pour les ateliers Philo pour Enfants

 

 

Age recommandé : à partir de 7 ans

Durée de l’atelier : entre 45 minutes et 1 heure

Objectifs de l’atelier :

  • A partir d’un film d’animation puis d’exercices ludiques, questionner les notions de ressemblance et de différence
  • Apprendre à utiliser une habileté de pensée: la comparaison

 

INTRODUCTION 

 

  • Prenez le temps d’expliquer le but de la démarche : il s’agit de questionner ensemble, à partir d’un film d’animation et de jeux, ce que veut dire “se ressembler” et “être différent”, de réfléchir à ce que les ressemblances et les différences impliquent dans notre rapport à nous-mêmes et aux autres.

 

  • En tant qu’animateur(-trice), votre rôle est d’inviter les enfants à exprimer et développer leurs idées par eux-mêmes. Votre posture doit rester neutre, sans jugement sur les propos des enfants ni exposition de votre propre point de vue. Il s’agit pour vous de guider le questionnement des enfants, en les invitant à prendre la parole, en relançant si besoin la discussion, en les incitant à développer leurs idées, à les argumenter. L’usage d’un bâton de parole peut faciliter la fluidité de la discussion.

 

PREMIERE ETAPE

 Discussion à visée philosophique à partir d’un court-métrage d’animation

 

Durée recommandée: 5 minutes de visionnage + 15 minutes de discussion à visée philosophique

Vous trouverez le court-métrage ici

https://youtu.be/9Hq9rf0XgrI

N’hésitez pas à visionner le film une seconde fois si vous pensez que c’est utile à la bonne compréhension de l’histoire par les enfants

Déroulement 

Pour commencer, demandez aux enfants de résumer l’histoire : où se passe-t-elle? De quoi est-il question ? Qui sont les différents personnages? Quelles sont leurs réactions ?

Ensuite, le but est d’amener progressivement les enfants à s’interroger sur les notions de différence/ressemblance. Voici quelques exemples de questions pour vous y aider :

  • Pouvez-vous citer 3 ressemblances entre les moutons et l’agneau? 3 différences?
  • Pourquoi l’agneau se comporte-t-il ainsi? Le fait-il exprès?
  • Est-on encore différent lorsqu’on rencontre une autre personne qui partage notre particularité?
  • Se ressembler, est-ce que cela signifie être pareils?
  • Doit-on toujours exprimer sa différence?
  • Est-il parfois préférable de faire comme tout le monde?
  • Les différences sont-elles gênantes? Sont-elles utiles?
  • Sommes-nous tous différents, d’une certaine manière?
  • Est-ce que nous nous ressemblons tous, d’une certaine façon?

Toujours à travers le questionnement, vous pouvez encourager les enfants à clarifier ou à approfondir leur idées : ‘“pourquoi dis-tu cela?” ou encore ”peux-tu donner un exemple pour illustrer ton idée?”

 

 

 

SECONDE ETAPE

Exercice « nous, les humains »

 

Durée recommandée : 15 minutes

 

Dispositif 

une feuille de papier pour chaque enfant (possibilité de faire l’exercice en binôme, en fonction du nombre d’enfants) séparée en 2 colonnes : 1 colonne « nous sommes pareils car … »/ 1 colonne « nous sommes différents car … »

Règle du jeu

  • Pendant 5 minutes, chaque enfant écrit le maximum de ressemblances et de différences entre les êtres humainsdans chaque colonne (un adulte peut l’aider à noter ses idées si l’enfant n’est pas encore autonome dans l’écriture).

 

  • Une fois le temps imparti écoulé, chaque enfant présente à tour de rôle les idées notées sur la feuille. Dans la mesure du possible, encouragez-les à illustrer leur proposition.

 

Cet exercice est une opportunité pour approfondir la réflexion sur le thème :

  • Demandez au fur et à mesure aux autres enfants s’ils sont d’accord avec les différentes propositions, et si oui/si non, pourquoi.
  • Y a-t-il des idées en commun parmi les enfants? Des idées qui s’opposent? N’hésitez pas à mettre les idées des enfants en lien, pour leur permettre d’engager un dialogue à partir des idées des autres, afin de les enrichir, les nuancer, les contredire, etc. C’est une bonne façon de s’extraire de l’opinion individuelle afin d’arriver à une réflexion de nature philosophique, c’est-à-dire une réflexion commune sur une idée (et non la défense d’un point de vue personnel).

 

TROISIEME ETAPE

« J’apprends à faire des comparaisons »

 

Durée recommandée de l’exercice:  +/- 15 minutes (en fonction du nombre d’enfants)

Les comparaisons sont utiles pour parler des ressemblances et différences entre les choses ou les personnes.

Le but de l’exercice est de sensibiliser les enfants au fait qu’une comparaison s’établit par rapport à un critère, et que pour pouvoir évaluer la validité d’une comparaison, il faut pouvoir reconnaître le critère mobilisé.

 

 

Dispositif 

– une quinzaine d’objets divers étalés sur la table (tout objet est bon, pourvu qu’il ne soit pas dangereux!)

Exemples : échalote, lunettes de soleil, crayon, bougie, ampoule, pot de confiture, etc. L’idéal est de réunir des objets qui permettent de mobiliser tous les sens (goût, vue, toucher;…)

– découpez 5 bouts de papier. Sur chacun, notez les expressions suivantes : « plus…que », « moins…que », « meilleur que », moins bien/bon que » et « pareil que ». Ce seront les “outils de comparaison”

– sur 5 autres bouts de papier, notez les critères de comparaison suivants : taille, poids, couleur, forme, goût, et *joker*

  • vous pouvez aussi vous servir du matériel déjà proposé :

   

 

Règle:

A tour de rôle, chaque enfant choisit 2 objets, un papier “outil de comparaison”, et un papier “critère”. L’enfant doit faire une phase en mobilisant tous ces éléments.

Exemple: un enfant prend une échalote et le pot de confiture, choisit le papier “plus..que”,  le critère “poids”, et dit “le pot de confiture est plus lourd que l’échalote””. Ou alors “le pot de confiture est plus sucré que l’échalote” en montrant le critère “goût”.

Questionnez ensuite les autres enfants : êtes-vous d’accord avec cette comparaison ?

Remarque : le critère “joker” permet aux enfants d’être créatifs, s’il souhaite mobiliser un autre critère de comparaison.

Exemple : “l’ampoule éclaire plus que la bougie” (critère mobilisé : l’usage)

Variante : pour travailler davantage sur la notion de critère, vous pouvez aussi organiser l’exercice de la façon suivante :

Chaque enfant choisit 2 objets, un papier “outil de comparaison” et propose directement sa phrase. Il doit ensuite montrer, parmi les critères de comparaison, celui qu’il pense avoir mobilisé. C’est une bonne façon de travailler la multiplicité des critères (une pluie de critères “joker » risque de déferler!), et d’essayer de les identifier.

 

 

Nous vous souhaitons un bon atelier et une bonne réflexion !

 

Anne-Laure Robine

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