La méthode Lipman ou « courant philosophique »

  • L’apprentissage de l’art de bien penser 

brevartmonde_kcvpssPhilosophe et professeur à l’université de Columbia dans les années 60, Lipman à œuvré pendant des années pour mettre au point un système théorique et pratique permettant aux plus jeunes de réfléchir.
Sa méthode doit autant être considérée comme l’apprentissage de l’art du bien penser que comme un achèvement du processus. C’est en ce sens que Lipman défend l’enseignement de la philosophie dès l’école primaire.

Lipman propose un programme en philosophie adapté aux enfants, structuré de manière rationnelle et logique afin qu’ils acquièrent une meilleur compréhension, un meilleur jugement à travers l’expérience d’une « commuanuté de recherche » construite et animée par le professeur.

  • La communauté de recherche philosophique (ou CRP)

L’échange se déroule au sein de ce que Lipman nomme lui-même une « communauté de recherche ».

A partir d’un support, les participants sont invités à formuler des old-fashioned-ink-pen-with-rolled-up-scroll-vector-illustration_22482919questions. Une ou plusieurs de ces questions sont ensuite choisies par les participants pour être le point de départ de notre discussion.

Lorsque la discussion s’engage, les participants sont invités à exprimer leurs points de vue sur la question.

A la fin de la discussion, les participants prennent le temps  d’échanger sur ce qui s’est passé pour eux pendant cette discussion, sur ce qui a été utilisé comme outils (arguments, exemples, etc.), sur le caractère intéressant, abouti ou inabouti discussion ».

  • L’importance du support 

le support culturel occupe une place centrale dans ce dispositif. Lipman a d’ailleurs écrit lui-même plusieurs romans ayant pour finalité explicite de servir de base de réflexion philosophique dans les classes. il a même conçu des livrets pédagogiques destinés à guider le professeur/animateur dans son exploitation philosophique de l’oeuvre. Son premier roman philosophique, La Découverte de Harry Stottlemeier, destiné aux enfants à partir de 10 ans, met en scène des enfants qui découvrent par eux-mêmes la logique formelle. images

Cette approche fait l’hypothèse que pour faciliter l’apprentissage d’une pensée réflexive rigoureuse il faut apporter aux élèves des supports riches de sens.

Si la question du support, en l’occurrence le texte littéraire, est centrale, c’est parce que pour Lipman, l’enfant n’est pas naturellement « philosophe ». Si l’on exige des enfants de la rigueur, de l’objectivité et une certaine implication, un cadre favorisant la libre parole ne suffit pas à développer des capacité à bien raisonner ou à penser. Il faut également mettre à leur disposition des outils qui leur permettent de répondre à ces exigences.

La littérature est, pour Lipman, un des supports les plus riches et les plus adaptés pour entrer dans le monde la pensée. En effet, les histoires mettent en scène des personnages qui sont de véritables modèles dont l’enfant a besoin pour se décentrer et élaborer sa propre pensée.

  • Le rôle de l’animateur/ professeur

L’animateur modélise pendant la discussion tous ces rôles, et l’acquisition de ces outils se fait progressivement par tous.

L’animateur intervient rarement sur le contenu de la discussion, sur les idées échangées, mais seulement sur la structure, et ses school-teacher-gestures_85753627interventions sont principalement sous forme de questions, notamment de relance ou de précision.

Il recentre sur la problématique, peut même donner des contre-exemples, se faire l’avocat du diable pour pousser l’enfant sans ces retranchements et lui permettre d’avancer. l’animateur a donc un rôle déterminant dans la rigueur du dispositif, il doit inciter par son questionnement les enfants à s’inscrire dans une posture réflexive cohérente et rigoureuse.

  • Les objectifs de la méthode Lipman

Il s’agit, de dépasser le cadre de la simple opinion, pour être amené à développer sa pensée critique, créatrice et attentive.

La méthode permet de découvrir et d’explorer les champs de sa propre pensée et de celles des autres. L’objectif est de prendre plaisir à échanger dans un cadre respectueux et bienveillant qui s’installe au fur et à mesure des séances.

Il s’agit d’identifier les outils permettant à la discussion de illustration-of-kids-huddled-together-in-a-circle_114822709progresser, à la pensée de se construire, pour soi et avec les autres, afin de mettre en place de façon collective une dynamique de recherche.

Dès lors, le groupe n’est plus forcément qu’un agrégat d’individus mais une « communauté » qui réfléchit ensemble en vue d’un objectif commun.

La diversité des points de vue devient significative parce qu’elle provoque des questionnements et des doutes dans l’esprit des participants et, ce faisant, amorce un processus de recherche réfléchi.

  • Une méthode soutenue/ pratiquée par

Edwige Chirouter (France)

François Galichet (France)

Nicolas Go (France)

Michel Sasseville (Université Laval, Québec)

Michel Tozzi (France)

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