Qu’est-ce qu’être libre?

J’ai fait cet atelier avec un groupe d’enfants allant du CP au CE2.

  • Première séance

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Lors de la première séance les enfants s’expriment librement (toujours en utilisant le bâton de parole). Ils évoquent des situations personnelles où ils se sentent libres (par exemple, sur le chemin entre l’école et la maison lorsqu’ils font le trajet seuls).

Ils éprouvent quelques difficultés à formuler ce qu’est être libre et arrivent mieux à exprimer ce qui les contraint ou les empêche d’être libres. Ils évoquent plutôt un catalogue d’interdits (« moi je peux pas regarder la télévision le soir », moi, j’ai pas le droit de jouer à la console en semaine » etc. »)

Suite à cette discussion qui permet l’émergence des premières idées, je leur propose une lecture de La Chèvre de Monsieur Seguin d’Alphonse Daudet

 

  • Deuxième séance

Pour démarrer la seconde séance, les enfants reformulent la question initiale et, dans les grandes lignes, ce qui s’est dit lors de l’atelier précédent. images

La reformulation relance le débat. Visiblement, la lecture de la Chèvre de Monsieur Seguin a marqué les esprits. Non seulement, ils arrivent mieux à exprimer la sensation de liberté, le besoin de liberté mais aussi le dilemme entre sécurité et liberté exposée dans La Chèvre de Monsieur Seguin.

J’oriente la discussion en proposant la question suivante: qu’auriez-vous fait à la place de la chèvre?

En s’identifiant à la chèvre, certains disent préférer rester attachés plutôt qu’aller dans la montagne et mourir, d’autres préfèrent clairement découvrir la montagne quitte à mourir. Grâce à cette question, les enfants déterminent capture-decran-2016-11-03-a-19-16-13individuellement une position qu’ils doivent argumenter. Ainsi, si les enfants se prononcent pour la sécurité, ils comprennent pourquoi la chèvre a choisi d’aller dans la montagne : curiosité, ennui, envie de goûter à la liberté.

Spontanément les enfants se demandent s’il n’y a pas d’autre alternative: enlever la corde dans l’enclos (c’est-à-dire faire confiance à la chèvre), l’emmener chaque jour se promener dans la montagne (se préoccuper de son bien-être).

Les enfants perçoivent très vite que l’attitude de M. Seguin n’est pas une solution et l’analyse de ce dilemme les poussent à trouver d’autres solutions voire des compromis.

 

Voici un aperçu de quelques dessins:

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2 réflexions au sujet de « Qu’est-ce qu’être libre? »

  1. bonjour
    êtes vous seule pour ces ateliers car moi pendant les NAP j’ai 18 enfants très excités et seule je passe trop de temps à faire la loi.J’ai pratiqué les ateliers philo avec l’école et là j’ai un petit groupe avec contrôle de l’enseignant et cela change tout; j’ai tente le CD d’attention de F Lenoir mais très peu ont écouté.
    cordialement Sylvie Bonnin

    1. Bonjour Sylvie,

      merci pour votre commentaire.

      Je suis seule pour les ateliers que j’anime à l’école primaire Béranger pendant le temps des activités périscolaires.
      dans le groupe des plus petits (du CP au CE2), ils sont 18 enfants et dans le groupe des plus grands ils sont 12.
      effectivement, pendant les TAP les élèves sont plus dissipés (ce n’est plus vraiment l’école, puisque la maitresse n’est plus là!) et il est parfois difficile, comme vous le soulignez très justement, de maintenir une atmosphère calme et propice à la discussion philosophique.
      Pour éviter que les enfants ne soient trop excités, avant de rentrer dans la salle et avant chaque atelier, nous nous rappelons ensemble les règles de l’atelier (entrer en silence, déplacer les tables en cercle en essayant de faire le moins de bruit …). le fait de ritualiser le cadre de l’atelier permet déjà de les apaiser et de les conduire vers l’ambiance de l’atelier, cela fonctionne un peu comme un « sas ».

      En ce qui concerne, la méditation, je ne la pratique pas très longtemps (3 à 4mn) et le temps de méditation peut ensuite s’allonger avec l’habitude, la pratique et la demande des enfants. Je ne la pratique pour l’instant qu’avec le « bol chantant » (le bol de méditation tibétain.
      Par contre, je ne force aucun enfants à pratiquer ce temps de méditation ceux qui ne le souhaite pas peuvent rester en retrait en lisant un livre par exemple. De mon point de vue, c’est dommageable pour le groupe d’obliger un enfant à faire un exercice de méditation (il va sans doute les déconcentrer en essayant de les faire rire par exemple). De plus, je pense que l’enfant doit être volontaire pour s’essayer à la méditation, c’est une démarche délicate qui nécessite une ouverture de la part de l’enfant lui-même; en le forçant on risque de lui rendre l’expérience désagréable, ce qui n’est certainement pas l’objectif visé!
      en procédant ainsi, je me suis aperçu que le groupe (surtout lorsque les enfant sont nombreux) est moins agité et plus ouvert ensuite à la discussion philosophique.

      J’espère avoir pu répondre à vos questions!

      Cordialement,
      Claire

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