Similitudes entre les diverses méthodes

1.La visée philosophique de l’activité.

Pour l’ensemble des méthodes, il s’agit de proposer un espace de réflexion, des situations où l’on apprend à penser par le doute, le questionnement, chouette1l’argumentation et la quête de l’universalisme des idées, sur des questions fondamentales.

2. Le postulat d’« éducabilité philosophique »

L’ensemble de ces méthodes postulent que ces pratiques  de discussion philosophique ne sont pas réservées à certains mais accessibles à tous.

Ainsi, chacune considèrent que les enfants et les adolescents sont capables, dans imagescertaines conditions, de réfléchir, d’apprendre à penser par eux-mêmes, de commencer à philosopher en mobilisant une activité de pensée à leur niveau.capture-decran-2016-11-01-a-17-50-40

Elles soutiennent toutes que les enfants et les adolescents peuvent avoir, dès leur plus jeune âge, le statut d’apprentis-philosophes, et qu’ils sont capables de grandir en humanité par la réflexion.

Cette position a certainement été rendue historiquement possible par le changement de paradigme autour de la notion d’enfance dans notre société (amorcé avec Rousseau, poursuivi par la psychanalyse). Elle s’est développée et atteint actuellement le cercle de la psychologie cognitive, peu concernée au départ.

Elle a aujourd’hui un fondement juridique : les droits d’expression et de pensée sont désormais légitimés par une convention internationale de l’ONU.

  • « Il n’est pour personne, ni trop tôt, ni trop tard..' »

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Une telle position vis-à-vis de l’enfance est souvent philosophiquement référée à la Lettre à Ménécée d’Epicure :

“Qu’on ne remette pas à plus tard, parce qu’on est jeune, la pratique de la philosophie et qu’on ne se lasse pas de philosopher, quand on est vieux. En effet, il n’est, pour personne, nitrop tôt ni trop tard, lorsqu’il s’agit de veiller à la santé de son âme. D’ailleurs, celui qui dit que le moment de philosopher n’est pas encore venu, ou que ce moment est passé, ressemble à celui qui dit, s’agissant du bonheur, que son moment n’est pas encore venu ou qu’il n’est plus. Aussi le jeune homme doit-il, comme le vieillard, philosopher : de la sorte, le second, tout en vieillissant, rajeunira grâce aux biens du passé, parce qu’il leur vouera de la gratitude, et le premier sera dans le même temps jeune et fort avancé en âge, parce qu’il ne craindra pas l’avenir ».

  • Les philosophes éditeurs et la philosophie pour enfants 

La pratique de la philosophie pour enimagesfants est aujourd’hui soutenue par exemple par des philosophes éditeurs:

  • Bruno Gay aux Editions du Cheval Vertimages
  • Jean-Paul Mongin avec Les Petits Platons
  • Yves Michaud  avec les deux tomes de La philo 100% ado (Bayard)
  • M. Revault d’Allones avec la collection Chouette! Penser (Gallimard jeunesse)

3. Le primat et la culture de la question

Il s’agit de mettre en avant le questionnement et la recherche et non de la réponse , surtout  la « bonne réponse ». Toutes les méthodes insistent sur l’importance d’instaurer un rapport non dogmatique à la vérité et au savoir. ima

La propre de la question philosophique est justement qu’elle ne peut pas avoir de réponses fermes et définitives. En philosophie, il n’y a jamais une seule bonne réponse. Ainsi, la pratique de la discussion philosophique peut permettre d’instaurer au sein de l’institution scolaire un nouveau rapport au savoir, non dogmatique.

Pour l’ensemble des approches, la logique du sens et de l’activité cognitive (processus) prime sur celle de la vérité (même si celle-ci peut rester un horizon).

4. Le rôle de l’animateur

Une posture particulière caractérise celle d’animateur. A l’inverse du maître qui transmet des connaissances à ses élèves, l’animateur accompagne les enfants dans leurs capture-decran-2016-11-01-a-17-58-08questionnements et leur réflexion: il amène la question, il rend possible la discussion en veillant au respect des règles, il relance la discussion en énonçant des sous-questions ou en amenant les enfants à reformuler, préciser, argumenter pu se positionner par rapport aux idées des autres.

Ce point est important, car il fait rupture avec la culture et l’identité professionnelles du professeur de philosophie français, traditionnellement fondées sur la « leçon » du maître.

5. Le primat de la parole

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Globalement, tous les courants privilégient l’oral sur l’écrit. Il s’agit d’un oral interactif. Cela ne signifie pas pour autant que l’écrit soit écarté avant, pendant ou après la discussion, mais les méthodes considèrent que  l’oralité de la pensée et son interactivité ont un effet de production intellectuelle.

Il convient également de souligner que l’oralité convient bien aux élèves en difficulté scolaire,  pour lesquels il est plus aisé d’intervenir à l’oral, surtout sur des sujets qui les concernent; ce qui permet, par ailleurs, de (re)donner du sens à l’activité menée et de susciter un plus grand intérêt et une plus vive motivation de la part de ces élèves.

6. Un travail proposé en groupe

Le travail se fait en un seul groupe avec l’animateur, sous forme d’activité collective, mené en commun. De cette discussion réflexive collective émane une dynamique groupale imagessociocognitive et cohésive, même s’il peut y avoir des moments de réflexion individuelle.

C’est la pluralité de points de vue qui est attendue et intéresse, qui est d’autant plus effective à partir d’un nombre conséquent d’élèves (une quinzaine ou une vingtaine est un bon seuil).

7. L’installation et la prise de parole: un dispositif structuré

Les différents courants insistent sur l’importance de la manière d’organiser l’espace et le temps : les enfants sont le plus souvent en rond pour se voir et le début et la  fin de la discussion doivent être significativement marqués.

L’installation  des enfants et de l’animimagesateur est essentielle: tous doivent se voir et être au même niveau. Que les enfants soient assis par terre, sur des bancs ou des chaises n’a aucune importance, l’essentiel est de former un cercle fermé afin que tous les participants, y compris l’animateur, fasse bien physiquement partie du même groupe.

S’il n’est pas nécessaire qu’un lieu spécifique soit choisi pour ces ateliers, en revanche, il est possible et souhaitable de ritualiser ces moments afin de signifier qu’il s’agit d’une parenthèse dans laquelle les rôles sont redéfinis.

Chaque méthode préconise également d’établir et d’expliciter, au départ, les règles qui régissent la discussion, en particulier concernant la prise de parole.

 

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