Trame pour animer un atelier de philosophie en famille à partir de « L’homme qui plantait des arbres » de Jean Giono

Trame pour mener un atelier de philosophie en famille à partir de « L’homme qui plantait des arbres » de Jean Giono.

 

 

Présentation de l’auteur, de l’ouvrage et du film d’animation

 

  • L’Auteur

 

Jean Giono est né le 30 mars 1895 à Manosque, en Haute-Provence. Son père, italien d’origine, était cordonnier, sa mère, repasseuse.

Après des études secondaires au collège de sa ville natale, il devient employé de banque jusqu’à la guerre de 1914, qu’il traverse comme simple soldat. En 1919, il retourne à la banque. En 1920, il épouse une amie d’enfance, Élise. Ils auront deux filles, Aline et Sylvie.

Lorsqu’en 1930 la banque qui l’emploie ferme sa succursale de Manosque et lui offre une situation ailleurs, il choisit de rester dans sa ville, et de se consacrer entièrement à la littérature.

Dans son œuvre, la nature tient une grande place. Il a toujours aimé les arbres. Quand il était petit, il allait se promener en compagnie de son père. Tous deux emportaient dans leurs poches des glands qu’ils plantaient dans la terre à l’aide de leur canne, en espérant qu’ils deviendraient de superbes chênes. Jean Giono est mort le 9 octobre 1970.

 

  • La Nouvelle

 

L’Homme qui plantait des arbres est une nouvelle écrite par Giono en 1953. Dans ce court récit, le narrateur évoque l’histoire du berger Elzéard Bouffier, qui fait revivre sa région, en Haute Provence, entre 1913 et 1947, en plantant des arbres.

 

À la veille de la Grande Guerre, au cours d’une de ses promenades en Haute-Provence, le narrateur rencontre un personnage extraordinaire : un berger solitaire et paisible qui plante des glands sur des massifs arides et venteux. Lorsqu’il revient après la démobilisation, le narrateur découvre une jeune forêt déjà vigoureuse. D’année en année, la forêt s’étend, les cours d’eau ressurgissent, la nature reprend ses droits. Avertie, l’administration des Eaux et Forêts évoque une génération spontanée. Pourtant, il s’agit bien de l’œuvre d’un seul homme : Elzéard Bouffier. Au fil des ans, la contrée sèche et désolée reverdit et les villages autrefois désertés reprennent vie. Jean Giono a écrit ce portrait émouvant et cet hymne à la nature à la demande d’une revue américaine qui lui avait demandé : « Quel est le personnage le plus extraordinaire que vous ayez rencontré ? »

 

  • Le Film d’Animation

Il s’agit d’un court métrage d’animation réalisé en 1991 par Frédéric Back avec la voix de Philippe Noiret. Ce court métrage utilise une technique du dessin, il est réalisé au crayon de cire.

https://www.youtube.com/watch?v=n5RmEWp-Lsk

 

 

Atelier de philosophie à partir du film d’animation

 

Durée de l’atelier :

Visionnage du film d’animation : 30 mn

Discussion à visée philosophique : environ 30 mn

Temps de représentation graphique : en fonction du temps dont vous disposez !

 

Avant de visionner le film d’animation, prenez le temps d’expliquer la démarche. Expliquez que vous allez réfléchir ensemble à une histoire que vous allez regarder.

Les enfants ne devront pas être capables de répondre à des questions mais bien être acteurs du questionnement, c’est à eux d’arriver à exprimer les interrogations que soulève, pour eux, l’histoire. Vous, parent ou accompagnant, vous êtes l’animateur de l’atelier, c’est à vous que revient la tâche de les encourager, via la pratique maïeutique, à se questionner et à formuler leurs propres réflexions. En tant qu’animateur, vous les aiderez à faire des liens, à rebondir mais vous ne jugerez pas et n’exprimerez pas votre point de vue. L’usage d’un bâton de parole peut faciliter la prise de parole.

 

Première étape 

 

Dans un premier temps, il s’agit d’inviter les enfants ou/et les adolescents à résumer l’histoire qu’ils viennent de regarder.

Ensuite, vous pouvez amorcer la réflexion en leur demandant d’exprimer ce qu’ils pensent de cette histoire et les inviter à formuler les questions qu’ils peuvent se poser.

– Qu’avez-vous envie de dire sur le film ?

– Quels sont les mots qui caractérisent le film pour vous ?

– Qu’avez-vous aimé ? Pas aimé ?

– Quels sont les passages ou détails qui vous ont ému, fait peur, fait rire ? – Qu’est-ce qui a semblé curieux, étrange ?

A ce moment-là, plusieurs choses peuvent être évoquées et diverses questions (philosophiques ou non) peuvent être posées : « Pourquoi n’y a-t-il pas d’arbres où vit le berger? », « Pourquoi ne change-t-il pas de lieu d’habitation pour aller vers un endroit où il y a des arbres au lieu de s’épuiser à planter des arbres? », « je pense que le berger plante des arbres parce qu’il s’ennuie », « le berger aime vivre parmi les arbres », « une terre sans arbre je trouve ça triste », « il se réfugie dans la nature pour oublier la guerre », « Le berger préfère la compagnie des arbres que celles des êtres humains » etc.

En fonction du temps dont vous disposez et du nombre de participants, vous pouvez noter les remarques, questions ou réflexions et éventuellement les regrouper par thématiques (nature, solitude, guerre etc.)

Seconde étape

 

Vous pouvez ensuite aider les enfants à aller plus loin dans la réflexion en prenant appui sur certains de leurs questionnements et réflexions. L’idée est de partir de leur propre réflexion et de les aider à développer leur propre pensée.

Voici quelques thématiques que les enfants aborderont peut-être. Vous trouverez ci-dessous quelques questions en fonction des thématiques qui vous permettront de les relancer dans leur réflexion.

  • Le rapport de l’homme à la nature

La place de l’homme dans son environnement, dans le façonnage du paysage, son action : est-elle positive ou négative ?

Quel est notre usage de la nature ? Tout le monde a-t-il le droit d’utiliser la nature ? Pour en faire quoi ? A qui appartient la nature ? Avons-nous des devoirs à l’égard de la nature ? La nature a-t-elle des droits ?

Peut-on vivre sans les arbres ? À quoi nous sert le bois ? Quelle est l’énorme utilité des arbres ? Que pourrait engendrer une trop forte déforestation ? Quelles solutions ?

  • Héros anonyme du quotidien

Ça veut dire quoi être un héros ? Quelles sont les qualités des héros ?

Les héros sont-ils nécessairement extraordinaires ? Ont-ils nécessairement des pouvoirs extraordinaires ? Font-ils nécessairement face à des situations incroyables et imaginaires ?Qu’est-ce qu’un héros ordinaire ?

Le courage est-il la qualité essentielle des héros ? Devient-on un héros simplement parce qu’on a été courageux une fois ou parce qu’on est toujours courageux ?

  • La solitude

Qu’est-ce que la solitude ? Peut-on être seul même si on est en compagnie d’autres personnes ? Quelle est la différence entre la solitude physique et mentale ? Le berger dans la nouvelle de Giono est-il seul ?

Peux-tu décrire une situation où il est agréable d’être seul et une situation où cela n’est pas agréable ? Quelles sont les différences entre ces deux situations ? Quelles sont toutes les choses qui sont agréables lorsque l’on a choisi d’être seul et quelles sont toutes celles qui ne le sont pas ?

Peut-il parfois être agréable d’être seul, même quand on n’a pas choisi de l’être ? A l’inverse, peut-il parfois être désagréable d’être seul, alors que l’on a choisi de l’être ? Si tout le monde trouvait plus agréable de vivre seul, quels avantages cela aurait-il ? Quels problèmes cela pourrait-il poser ?

 

Temps de représentation graphique

 

Après avoir résumé les différents points abordés lors de la discussion, vous pouvez proposer un temps de représentation graphique (dessin, peinture) autour de la discussion. C’est un moment qui permet à chacun de matérialiser différemment que par la parole les questions abordées.

Petite suggestion, si les dessins portent sur la nature, n’hésitez pas (si vous avez la chance d’avoir un peu de verdure à proximité !) à inclure une feuille, une fleur, un brin d’herbe dans la composition!

 

Vous pouvez partager ces dessins en nous les envoyant sur la messagerie de la page facebook Philo pour enfants  ou en nous écrivant à l’adresse suivante : contact.philopourenfants@gmail.com

Nous publierons avec plaisir, et avec votre autorisation, tous les dessins envoyés !

 

Bon atelier à tou(te)s, petits et grands ! 

4 réflexions au sujet de « Trame pour animer un atelier de philosophie en famille à partir de « L’homme qui plantait des arbres » de Jean Giono »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *